Messages les plus récents portant le libellé Histoires de prof.... Messages plus anciens
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13.6.09

Oh !

Salut à toi !

Oui, je sais, ça faisait longtemps.
Rien de bien réjouissant.
Juste une prof en congé forcé pour un putain de mal de dos (ça me fait penser à un changement de position en cours, parce que penchée-debout-sur-le-bureau-bras-devant, ça le fait pas en fait).
Alors voilà...
Des élèves de 1e qui auront, je l'espère, de bons résultats au bac de français.
Des élèves de 2de qui vont me manquer.
Des 6e qui feront des progrès en orthographe...

Bref, un sentiment d'inachevé et un peu de blues...

Mais du soleil, putain, et de bons coups du même, pris devant le perron, fauteuil rembourré de grand-mère, bouquins et voisins-barbuc'...

Voilà...

22.2.09

Ekspréssiont ékrit'... (3)

Salut à toi !

Orage, eau des espoirs... Hum.. Pardon... Le prof de français s'égare...
Bref.

Demain, c'est la rentrée pour ma zone. Non, non, je ne travaille pas en ZEP, allons ! (Bon. J'arrête les blagues de profs.)

Des vacances plutôt "boarf".

Comme je suis maso, j'avais veillé à embarquer pas mal de paquets de copies.
Dont une rédaction de n'affreux. Ecriture d'un conte qui explique un phénomène naturel. Voui. Ça se fait. Alors, non, je ne te parlerai pas de la rédaction de Léon (oui, souci d'anonymat) qui décida de nous faire rêver avec son étude sociologique poussée intitulée "Pourquoi vole-t-on des objets ?". Non... Quoique... Allez, juste la fin qui est sensée être une conclusion explicative...
" Depuis ce jour plein de gens volent et se font enfermer.
Et depuis la police existe pour arrêter les voleurs.
Tout ça à cause de Yoann et son oncle. "

Ahhhh. Ça fait rêver...

Comme je ne sais pas quoi écrire (eh bien tais-toi ! mais tais-toi !) eh bien j'ai décidé de me faire chier à retranscrire fidèlement la rédaction de Manon. Et comme je ne veux pas perdre mon incommensurable (oui, j'aime bien ce mot) lectorat (oui, j'aime bien les hyperboles aussi), je ne recopierai pas tout.

Juste un échantillon. En v.o.

" Pourquoi les éléphant a une grand trompe ?

En ce temps là, on savais (il croyait) que les éléphant avais une grand trompe, carque avais grand i. Il rigole jespère parce que c'est la chose la plus, bête du monde que j'ai entendu de ma vie. Toi, pour quoi tu te moque de nous. Beu, beu, parce que c'est bête se vous pensez des éléphant et de leur trompe. Beu nous on se moquera de toi can tu dira que c'est mal de se moqué de toi mais on croits sa petetre que c'est faut mais mon seont fiche que on pence aquelque chose. Il parta et alla voir une outre tribu en Afrique et dis comment ou vous appellé on appelle "les coala" il répondit vous savais se que c'est un éléphant. Ils repondient non on ne c'est pas se que c'est un éléphant. Ils rigoler ou quoi un éléphant c'est un animal qui a une longue trompe et qui est gris. A bons nous on les appelle "les gniola" ébent mais tenant vous l'appelleré les éléphant. Il fait peur leur nom."

Bon. Je préfère arrêter là.

Notons cependant la justesse de la description de l'animal.

Arf...

J'arrête de me moquer, et tiens, je vais m'auto-fouetter, pour la peine.





8.2.09

Oh ?

Salut à toi !

Mais oui, I'm back ! Ma foi, ça faisait un putain de bon bout de temps.
Mais devant les demandes innombrables de la foule inquiète (hum...), je me dis qu'il fallait revenir...

Que s'est-il donc passé durant ces 3 mois ? Mais rien de bien palpitant, tu sais...

Je suis toujours prof, oui.
J'ai toujours les mêmes affreux, rien n'a bien changé.
Si, peut-être deux ou trois choses :
Nono n'est plus vraiment aussi surprenant, il a mûri, même..
Arf, il nous réserve parfois de bonnes surprises, mais vraiment, il a grandi... Tout se perd.

Je me rends compte, plus le temps passe, et plus je les côtoie, que ce métier peut faire bien des ravages. Et qu'elle n'épargne vraiment pas les profs de lettres (pour bien le dire).
Incroyable le nombre de gens étranges (euphémisme) dans ma matière.
Je me demande bien à quoi je ressemblerai dans quelques années... Dépressive ? Sous cachetons ? Bêtifiante ? Aigrie ? Iuèfemesque ? Pas drôle ? Clubmédesque ? Arf ! Perspectives alléchantes !

Quoi d'autre...

J'ai manifesté.

J'ai connu des jours de neige qui t'empêchent d'aller bosser.

J'ai lu.

J'ai connu des moments magiques avec mes affreux de 2de, ce genre d'instants qui te font du bien (et qui te font penser que t'es pas encore hors du vrai monde).

J'ai pas écrit ici.

Allez, je reviendrai, si t'es sage...





5.11.08

Boarf...

Salut à toi !

Tu ne le sais peut-être pas, ô lecteur pour qui le monde merveilleux de l'Education n'est que souvenirs de ton enfance ou de ton adolescence (nattes, cartable qui te tue le dos, acné purulente, mutation et mue, premiers émois...), mais demain, c'est la rentrée...

Oui, ne nous plaignons pas.

Il est étrange de se dire que l'on suit le rythme des affreux, et que, comme eux, le prof a le ventre noué en faisant son cartable, en rangeant ses crayons par ordre alphabétique et ses copies en ordre chromatique...

Le prof consciencieux (oui, ça existe) aura bien travaillé, corrigé ses copies dès les premiers jours... Et puis il y a les autres (comme moi), qui ont tendance à procrastiner, et qui se retrouvent à corriger les copies dans le train, pour ne pas regarder avec nostalgie le pays défiler, et certes, pour rendre à temps leurs travaux appliqués (mouahahaha) aux affreux si pressés...

Bref...

Il fait un temps gris souris, un temps de nostalgie, un temps de rangement, un temps de rentrée, quoi...

Mais je sais que demain
En voyant mes affreux
Le temps reprendra cours
Et moi les cours avec

(Arf !)

8.10.08

The affreux's parents...

Salut à toi !

Ouaip, hier, j'avais une réunion avec les parents de quelques 18 affreux. Une petite réunion, qui n'a duré que 3 heures. Oui, j'avais un putain de mal de gorge à la fin, ô gorge, mon outil de travail ! Vais-je pouvoir crier tranquillement demain ? (Oui, je ne crie pas le mercredi, j'ai les grands de 2de)
L'occasion pour moi de voir quelles têtes ont les géniteurs de mes n'affreux, et l'occasion pour eux de voir de quoi a l'air la prof de français, aussi...

Non, la môman de Nono ne lui ressemble pas. Elle n'a pas l'air de planer comme lui. Avec la prof principale (la P.P., pour les intimes) on a eu du mal à lui faire comprendre que son fils avait quelques problèmes de compréhension (oh ! un euphémisme)... Elle avait l'air au courant et désolé(e) (oh ! un zeugma ! putain, je suis en forme, on dirait...).

Bref. Disons-le, je te me suis mis les parents dans la poche, répondant du tac au tac aux questions angoissées (oui, les parents des 6e sont toujours angoissés, et eux aussi m'ont affublée du joli nom de "maîtresse").

Les parents des n'affreux sont assez jeunes, ce qui fait que je me suis retrouvée plusieurs fois devant des gens de presque mon âge. C'est assez étrange, en fait (oui, je n'ai qu'un chat, moi).

Les parents de la campagne ont, pour beaucoup, des piercings et des tatouages, et ils mâchent ostensiblement leur chewing-gum. Ca te met vite à l'aise, toi qui as plus ou moins oublié la réunion et que tu as un look plutôt décontracté...

Les parents des n'affreux peuvent croire aussi que tu n'as que ça à foutre de donner du travail supplémentaire aux gamins en difficulté, que tu peux inventer de magnifiques exos adaptés à chaque problème (je sens bien que je vais flancher, un jour).

Les parents des n'affreux te demandent avec espoir si tu leur feras plein de dictées, parce que "vous avez vu, de nos jours, les enfants ne savent plus écrire ! moi, je me souviens, on nous faisait faire des dictées tout le temps, hein ?!". Ne vous inquiétez pas, madame, je pars en guerre contre les fautes d'orthographe. Hahaha ! Hum.

Alors, je rassure, je souris, je mets un brin d'humour, je me montre ferme, je jauge, je m'adapte, je deviens schizo, presque, à force de m'adapter à la personnalité de chacun...

Bref. Un vrai exercice de style.

Et puis je termine avec un affreux qui te me sort devant sa mère (très bavarde), même pas sur le ton du fayot, en plus, que je flaire à 100m : "De toutes façons, avec madame Zeugma, on ne peut que tout comprendre, parce que ses cours, ils sont super. Moi j'adore aller en français"...

Argh !
Brave petit, va !

(tu la vois la larmichette ?)



1.10.08

Portrait 2...

Salut à toi !

Parce que j'ai vu que j'avais eu un nombre fou de visites (!),depuis le portrait de Nono, je me suis dit qu'il fallait que je continue sur cette voie...

Au menu : le portrait d'une dresseuse d'affreux...
Oui, tu as compris, je vais te dresser le portrait d'une collègue.

Toujours par souci d'anonymat, je la surnommerai La Chouette...

La Chouette est proche de la retraite ; d'ailleurs, elle en montre les signes. Non, je ne parlerai pas des rides, des cheveux clairsemés, ou autre arthrose qui la fait s'agripper à la poignée de son cartable de cuir vieilli, fidèle compagnon, comme si elle devait le retenir de toute fugue ou pendaison.
Non.

La Chouette est proche de la retraite et tu le sais parce qu'elle est blasée ; parce qu'en sortant de chaque cours, 18 carnets de correspondance à autographier, elle souffle, elle jure, laissant échapper diverses atrocités qui pourraient ôter la foi à une novice comme moi, pleine d'espoir et ma foi bien innocente (Hum...).
Oui, les affreux sont des "petits cons", des "imbéciles", des "incultes".

La Chouette est proche de la retraite, et tu t'en doutes bien, quand elle te parle d'un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître. Oui. C'est parfois difficile pour elle de se mettre au goût du jour, quoique, avouons-le, ce n'est pas une obligation. Elle connaît l'essentiel : oui, ces affreux à crête et surfringués, c'est la mode Tecktonik.

La Chouette est proche de la retraite, et je m'en rends bien compte quand elle prend ma tête entre ses mains, me scrutant de ses petits yeux au travers de ses lunettes à double foyer, et me dit : "Ah ! Qu'elle est belle cette petite, pleine de jeunesse, encore, avec toute la vie devant elle, telle la jeune naïade dans ce poème obscur d'Apollinaire, elle n'aura pas de problème avec les grand garçons ! Hahahahaha !"...

Oui, La Chouette donne parfois l'impression qu'elle veut t'aspirer le suc vital.

La Chouette est un peu perchée, non pas sur la branche, mais elle est comme toujours en représentation. Elle aime déclamer très fort des extraits de Corneille, Racine, ou autres auteurs champestres. Oui, La Chouette est légèrement sourde.
Preuve, cependant, qu'elle n'est pas atteinte d'Alzheimer.

La Chouette est plutôt petite et boulotte, affublée de tenues improbables, la tenue des profs de lettres classiques, en fait (lancez-moi des pierres, oui) : une longue tunique sur une longue jupe fleurie, laissant voir un mollet de marbre, fin et délicat, et portant des sandales à l'air orthopédique.
Par temps frais, très frais, elle porte un gilet (fleuri), dans les poches duquel elle cache ses mains, une paire d'ailes bon marché ainsi offerte, quand elle écarte ses bras pour appuyer son propos.

La Chouette mange comme un cochon. J'ai regretté de m'être trouvée à côté d'elle un jour de couscous...

La Chouette peut te faire parcourir une grande pièce à reculons, quand tu veux éviter de te retrouver à 1 centimètre de son visage (qui t'arrive au menton), parce qu'elle ne voit et n'entend pas bien. Mais toi, tu l'entends, tu la vois et tu la sens, bien.

La Chouette n'est pas appréciée de tous ses collègues, et est source de moqueries flagrantes, bien souvent.
Alors, moi, je la défends discrètement... parce que finalement, elle est sympathique (tu t'attendais à ce que j'écrive "chouette", hein ? Naaann), et qu'elle ne se la pète pas, comme d'autres...

Allez, c'est de bonne guerre...




23.9.08

Portrait...

Salut à toi !

Aujourd'hui, je vais te parler de Nono (oui, toujours le souci de l'anonymat, mais c'est un bon sobriquet...).
Nono est un n'affreux. Lecteur averti, tu sais, toi, qu'il s'agit d'un affreux de 6e. Merci.
Nono a des lunettes. Mais Nono n'est pas la petite tronche que ton imagination débordante aurait tendance à te faire croire.
Oh non, ça serait même plutôt l'inverse...

En fait, Nono fait partie de ces élèves complètement illuminés, qui gardent les yeux comme ceux d'une chouette, qui chantonnent sans s'en rendre compte (oui, c'est un bon combo).

Nono est sympa ; il m'appelle, au choix, suivant l'humeur, "maîkresse" ou "môman". Et quand son voisin, tout en douceur, discrètement, lui donne un coup de coude dans les côtes parce qu'il vient de me sortir un innocent "Maîkresse, tu peux répéter ce que tu viens de dicter ?!", ben, il comprend pas la soudaine cruauté de son camarade...

Nono aime participer, il se donne à fond, d'ailleurs. Mais il a son style (the nonesque's style)
Quand il connaît la réponse (ou qu'il croit la connaître, parce que dans 99% des cas il est complètement à côté de la plaque, tu l'auras deviné), il se lève, les deux bras aussi (ouh ! un zeugme approximatif !) et il tire la langue, comme un chiot type King Charles (pour les yeux) qui aurait trop chaud sous son petit manteau écossais, dans les bras de sa maîtresse péroxydée.
Oui, Nono fait aussi partie de ces élèves qui tirent la langue quand ils s'appliquent à colorier une forme sans dépasser... mais là, on est en cours de français, je le rappelle.

Nono a souvent envie d'aller "faire pipi", 5 minutes après l'entrée en cours, ou 5 minutes avant la sortie. Alors quand tu lui dis qu'il va falloir attendre ou qu'il aurait pu prévoir (c'était la récré juste avant, quoi, merdre !), ben il passe le temps restant à se tordre sur sa chaise, la goutte sur la tempe, ou au bord de l'oeil... Prise d'une incommensurable pitié ou instinct maternel (mouahahahaha), je le laisse se soulager (si on se trouve dans le cas "putain, 50 minutes comme ça, ça va pas le faire"), non, pas sur sa chaise.
Nono vit l'effaçage (?!) du tableau comme une récompense.
Nono se ramasse une sale note, mais il ne fait pas la gueule.

Bref. Pas facile d'être Nono...

P.S. : un élève plein d'une grande sagesse m'a dit aujourd'hui "On dirait une tronche Nono, hein madame ! Alors qu'en fait..."
Allez, barre-toi l'affreux, on ne se moque pas !

Hum...

17.9.08

Ekspréssiont ékrit'... (2)

Salut à toi !

Parce que je n'ai pas d'inspiration, mais que certains affreux en ont, eux, voici un petit texte offert par Maëva, qui nous fait bien plaisir...

" Parsse que il et tres equoler dessa parce que il est arrive en retard au lycèe et aussi que ses camardes l'on laisse tout seuls pour venir au lycee et aussi il et enquolere avec la boulangerée il a dit que sète le dernir jours quele grade le chat alor son père et sa mere ne vele pas grade le chat a la maison parque son pere il et argie au chat et sa mere elle ve pa de chat jai elle et lui il c'est pas au sa aller son chat alors il ecute pour le chat "
... ... ...

Bin quoa, keskiya ?

Rédaction qui répondait au sujet du FAMEUX cahier d'évaluation d'entrée en 6e, cahier qui est le même depuis 3 ans, au moins ; il s'agissait d'inventer une suite de texte, en gros.
Une gamine a trouvé la solution pour garder un chaton abandonné... Elle raconte à ses copines... (Wouaouw ! ah, innocence...)

Bref.
Toujours pas de drame, d'affreux réellement fous, ou en tout cas, ils ne se sont pas encore révélés...

Ah, si, un petit détail : un affreux a lâché une énorme caisse en classe, limite tu te dis qu'un affreux de 6e peut pas sortir ça de lui-même... Intéressant, non ?
Je ne sais pas quel était le petit mélomane, mais c'était si énorme, et j'ai jeté un regard si noir avant que tout parte en... vrille, que pas un affreux n'a rit...
C'est beau...



9.9.08

Rien de bien fou...

Salut à toi !

Ouaip, ce post sera bref...
Histoire de te montrer qu'il ne se passe pas que de folles choses dans ma vie (enfin, pas encore...), oui, je sais, cruelle déception pour toi.
Pas d'affreux affreux, pas d'histoires croustillantes.
J'en suis réduite, pour le moment, à me plaindre de l'orthographe des schtroumpfs dans les cahiers d'évaluation de rentrée de 6e... Rien de bien neuf, en somme...
Mais je te ferai un petit mix des plus belles inventions de ces chers petits, un jour, quand je n'aurai pas les yeux en couilles d'hirondelles (fatiguée, quoi)...

Sinon, j'avais dans l'idée de faire une étude complexe sur le thème "Pourquoi Matthias a gagné à Secret Story". Oui, je sais, c'est du lourd...

Si ça t'intéresse, tape 1...

6.9.08

Ambiaaaance...

Salut à toi !

Voilà, je suis rentrée... pour de vrai.
J'ai vu mes affreux, mes collègues, mes salles, mes bahuts.
Alors, pour ce post de rentrée, impressions en vrac, comme ça, histoire de te plonger dans l'ambiance...

Je te nous ai impressionné mes petits n'affreux de 6e, qui n'en avaient presque pas besoin.
Ah, ces petits... Cartable sur le dos, scoliose en perspective, la petite morve au nez (prends un mouchoir ! si, si ! non, je ne t'aiderai pas !), la larme à l'œil d'un petit Kévin qui arrive à la bourre parce qu'il s'est perdu dans le bahut labyrinthesque (et parce que je lui ai jeté un bon gros regard noir, arf mais !).
Les questions habituelles : "on écrit en rouge comme vous, madame ?", les angoisses habituelles : "madaaaaame, c'est pas mon cartable ! je me suis trompée ! snirlf !" (le cartable Pucca est très en vogue...)...

Le café dégueulasse de l'antre des profs (accompagné de la petite affichette te priant de laver ta tasse, feignasse, et de prendre soin de la cafetière, qui est un objet très fragile), le code de la photocopieuse, les photocopies limitées (putain, je vais dépasser mon compte, c'est sûr !), les angoisses existencielles (merdre ! quelle tasse vais-je donc apporter ? et comment je m'habille demain ?), la bonne humeur de début d'année des collègues (oh, oui, je sais bien, ça changera), les réunions "ça peut plus durer, bordel", non, on n'acceptera jamais une classe à 31 (pour le collège, parce qu'en lycée, t'es plutôt content, là), le représentant syndical qui te saute dessus (oui, je sais, TZR c'est la galère, mais ton syndicat, là, il serait pas un peu de droite sur les bords, non ?), le 4e emploi du temps en 2 jours...

Les 38 degrés dans les salles et toi qui sues (putain, c'est parce que j'ai plus l'habitude de faire des phrases correctes ? ah, non, y'a un affreux tout rouge, et tout suintant), l'odeur ennivrante des stylos de tableaux (ouaip, modernes les bahuts), l'appel à faire sur ordi (re, mais ça marche moyen).

Le casier-putain-y'a-mon-nom-dessus-dis-donc (ah, dans le coin spécial TZR, au lycée, quand même...), les collègues (de lycée) qui me prennent pour une élève (ouhlàlà ! mais on n'a pas idée de faire aussi jeune ! et toi, toujours pas à la retraite ? mouhahaha. hum.), une élève de 1e qui me prend pour une élève, très peu d'ados boutonneux (ben quand j'étais jeune, c'était pas le cas, merdre !)...

Les collègues qui me racontent des choses un peu trop privées (mon mari me frappe et m'empêche de voir des gens, d'ailleurs, je me dépêche, il vient me chercher, il ne veut pas que je conduise), la quête des collègues qui fument, les blagues des agents de service devant la machine à café (oui, au lycée, y'en a une, si tu veux un petit potage ; j'ai pas dit que j'en buvais, j'avais la flemme de faire le kawa pour 500 collègues, va savoir pourquoi)...

Les angoisses "serai-je à la hauteur pour préparer des cours de 1e ?", les évaluations d'entrée en 6e que j'ai déjà vues il y a 3 ans, les poignées de mains polies aux supérieurs, les enfants de collègues en classe (pression, pression)...

Bref.

Jusqu'ici, tout va bien... jusqu'ici, tout va bien...


29.8.08

En route vers de nouvelles aventures...

Salut à toi !

Ah ! L'Education nationale et le rectorat...
Après avoir passé 2 mois de vacances, à profiter, sans vraiment m'inquiéter (si peu, si peu...) de ce que me réservait l'avenir, à regarder régulièrement si j'avais des nouvelles du rectorat, j'appris il y a 2 jours où l'on m'envoyait pour cette année. Oui, les hautes instances sont rapides (MOUHAHAHA).

Voici donc ce qu'il en est...

Je suis affectée (c'est peu de le dire...) dans 2 bahuts, un collège et un lycée (pour la facilité, on repassera), avec 2 heures sup' (travailler + pour gagner +...).

Au programme des affreux en vue :

- une 6e
- une 5e et quatre 3e en Aide Individualisée (soutien, en gros, quoi)
- une 2de
- une 1ere STG (oui, je me suis renseignée, un chouïa : affreux qui étudient la communication et la gestion...)

Voilà.
8 classes, donc.
Ça va être chaud, de préparer les cours, certes, mais aussi de retenir tous les noms des affreux.
Mais aussi de faire les trajets, je vais sans doute déménager...

Et puis c'est plus compliqué de se fendre la poilâde avec des collègues quand tu n'es là que la moitié du temps.
Bref, étant donnée la fraîcheur de la nouvelle, je n'ai pas encore préparé de cours, c'est le stress complet.


Je m'en vais donc à la ville aujourd'hui, chercher divers manuels, et voir des potes pour avoir une petite impression de vacances...


Tiens, j'ai appris que ce cher Darcos (!) offrait aux néo-titulaires une prime de 1500 euros...
Dommage, je me suis chiée à un an près.

En route vers de nouvelles aventures, donc, de nouvelles perlouzes, de nouvelles galères, et de nouvelles anecdotes (oui, je sais, tu en salives d'avance...).







2.7.08

Viens là que je te corrige !...

Salut à toi !

Qui dit TZR, qui dit moi surtout, dit prof qui doit se taper la surveillance du brevet, mais aussi la correction.
Mais non, je ne me plains pas, sinon je vais en faire défriser certains.
D'ailleurs, il faut bien l'avouer, c'était plutôt sympathique comme expérience...

Tiens, en passant, l'an dernier, j'ai eu à "surveiller" un affreux qui s'était pété le bras. Mouahaha, pas d'bras, pas de brevet. Non, j'ai simplement dû écrire tout ce qu'il me dictait pour l'épreuve de français. 3h d'écriture... de conneries. Quand elles étaient trop grosses, je pouvais pas m'empêcher de toussoter, mais bon, ça ne l'a pas vraiment aidé, je vous rassure, ô vous lecteurs justiciers.

Le meilleur, c'était pour la dictée : je te l'ai trimballé l'affreux jusqu'au bureau du principal pour qu'il aille tapoter d'un doigt hésitant de sa main valide sa dictée sur l'ordi. Puis impression, et feuille jointe à sa copie anonymée. Ah, modernité et technologie, quand vous nous tenez...

Bref.
Pour toi, lecteur, qui te demandes comment se passe une journée de correction, je mets fin à cette part de mystère (mystère présent dans ma tête de néo-titulaire, j'ajoute).

J'arrive donc dans un établissement inconnu, à 40 bornes de mon bled, amenée par un collègue.
Chaque correcteur doit se rendre dans une salle, où il retrouve avec joie (hum) des collègues de sa matière. Ça permet aux profs de ne pas se sentir dépaysés et de partager de bons fous rires concernant des perlouzes trouvées dans diverses copies...
Eh oui, je ne pense pas pouvoir rire aux mêmes blagues que les profs de math, je l'avoue.

Là dessus, tu attends que les organisateurs secrets te donnent les copies que tu as à corriger.
J'ai eu la chance de n'en avoir que 35, aucun collègue n'ayant fourni de certificat médical pour se désister à la dernière minute (oui, ce sont des choses qui arrivent).

Nous étions 6 profs dans la salle, dont un qui corrigeait de façon très appliquée, peut-être même trop... A te corriger toutes les fautes d'orthographe, à mettre toutes les annotations dans la marge, d'un stylo rouge furieux et sautillant. Ce qui ne sert à rien, les copies ne seront pas rendues (quoi ? oui, sauf si un élève réclame sa copie parce qu'il veut porter plainte contre sa note assassine).

Ambiance café chaud, petit gâteaux et bouteilles d'eau fraîche fournis.

Alors, comme la correction est prévue pour deux jours pour les plus longs (le collègue consciencieux par exemple, connu pour rester jusqu'à la dernière seconde du 2e jour), tout le monde (ou presque) corrige le plus vite possible pour ne pas avoir à revenir.
Non, je n'ai pas bâclé la correction. Je te rassure.
Non, ça te donne plutôt l'impression d'être complètement lobotomisé. Les lettres défilent, les mots, les phrases, les conneries...

2 sujets au choix en rédaction pour les séries technologiques et professionnelles :
- Vous avez vécu une grande déception. Racontez les circonstances, vos réactions, etc...
- Pensez-vous qu'il est nécessaire de partir loin pour passer de bonnes vacances ? Justifiez...
(je te résume les sujets ; puissants, non ?)


Exemple de jolies choses trouvées dans les rédactions :
- partir l'ouin
- passer des bonnes vacances sous le sable chaud
- partir aux échelles
- Il se trouvent même que dans certain aquarium y a des marmottes (oui) (avec les fautes)
- Et ma copie préférée :
Et un jour, je vis cette magnifique créature des dieux, sculptée par Aphrodite elle-même. (...) Face à elle je me sentais énormément bien, bon, bref, j'étais vraiment amoureux. Amoureux de ses mains douces, amoureux de sa bouche si belle que même le jour se cachait face à elle et ses yeux si clairs que l'on avait envie d'y plonger dedans et de se laisser porter par des vagues d'amour pur. (...) Comme un ange je l'ai vue, comme l'amour je l'ai touchée, comme le diable elle m'a emprisonné.

Oui, je sais, ça en bouche un coin...

Ca, c'est pour les jolies choses... Sinon, j'ai eu des scéances de psychanalyse sur papier.
Style, ma plus grande déception c'est d'avoir appris que me mère a été violée par son père, et qu'il la battait.

Ou encore : ma plus grande déception, c'est pendant les vacances d'été : un jour il faisait beau, et puis d'un coup il a plu. Et puis il a refait beau, et puis il a replu.... (5 fois comme ça ; faut bien tenir 20 lignes, quoi !).

AAAAAAAAAAAAHhhhhhhhhhhhh !
Quelle belle expérience.

Allez, c'est tout pour aujourd'hui.




27.6.08

Survaillance, survaillance...

Salut à toi !

Ouaip, pendant 2 jours, j'ai surveillé cette suprême épreuve de la vie, qui tord les boyaux aux affreux, qui les fait suer à grosses goutasses (tiens, je t'ai pas raconté que quand j'étais en 3e, lors de cette EPREUVE, une affreuse a gerbouillé dans la cour ? Merci pour cette passionnante histoire, Georgette...) ...
J'ai nommé : le DNB.
Dipôme National du Brevet, of course...

Enfin, quand je te dis "surveiller", c'est vite dit.

Je me suis plutôt contentée de bavardoussailler avec mon collègue "chef de salle", comme on dit dans le métier, j'ai fait des mots fléchés, du sudoku (les maths, c'est ma vie), fait semblant de lire de gros bouquins (ouaip, quoi, représente), et me suis gentiment foutu des conneries trouvées dans les copies des affreux qui se barraient une heure avant (style la Hongrie se trouve mutée, elle, en Allemagne...).
Bon, je n'ai pas que feignantisé, j'ai fait aussi du travail de paperasse fort intéressant, ma foi.

Sinon, en ces périodes de mutation, ben voilà, comme le dit le chant des partisans, "TZR c'est la galère !", je reste TZR, sans poste.
A moi les horizons inconnus et lointains. O joie...

Allez, je suis à la ville, je compte parfaire un chouïa mon teint blanchâtre... de retour, donc, dans un bled inconnu, lundi, pour corriger, en faisant la course, les copies des affreux.
J'espère bien trouver de bonnes perlouzes.




23.6.08

Festivités...

Salut à toi !

Ouaip, on est tous là à transpiroucher, à crever d'envie d'avoir une piscine dans son jardin, sirotant mine de rien un bon jus, ou une bonne binouze, comme tu veux...
Ou à se demander si un mec n'aurait pas eu la bonne idée d'inventer un truc qui permettrait de pas combiner la transpirouche, les jambes lourdes, les doigts qui gonflent, la peau qui brille et d'avoir le bronzage instantané...
Ne fais pas l'innocent, y'a au moins un facteur qui ne t'est pas inconnu.

Alors, qu'ai-je fait durant tout ce temps ? (se demande la foule en délire)

D'abord, lundi, j'ai eu mon dernier cours de l'année avec mes 4e glandeurs-mais-sympathiques.
Cours allégé, je n'avais que 10 affreux dans l'assemblée.
Et comme tout prof indigne qui se respecte, j'ai fait cours.
Bon, n'exagérons rien. Pas beaucoup de prise de notes, et 2 textes plutôt sympathicous.
Pendant une heure.
La deuxième, j'ai pu leur montrer qu'une prof savait jouer au poker.
Non, Mathieu, on fait pas une partie de strip-poker...
(Ah, innocence, où donc es-tu partie ? - Dans ton cul ?! Ah ?...)

Bref.


Un jour plein d'émotion.

Plus de suspense insoutenable...
J'ai eu droit à de SUPERBES cadeaux d'adieux...


Snirlf...


(Remarquez ce superbe portrait en acrostiche...)

Et encore de tendres marques de je ne sais quoi (là aussi je me suis dit que j'avais bien fait mon boulot concernant l'orthographe...).
- Madame, on vous écrit des trucs en écriture d'aujourd'hui, d'accord ?
-D'@k°#r !
- LOL, MDR !



J'ai aussi eu droit à une mini planche de skate, une "finger-skate", quoi. (J'ai une gueule de skatteuse ou quoi ?).
Bon, j'arrête avec mes fantastiques cadeaux...


Sinon, j'ai fait la fête de la zik.
Non, pas dans mon bled. Hormis Gégé et son orchestre, ou à la limite une démonstration de tektoniksamère, je vois pas ce que j'aurais pu louper...
Naaannn. Je suis allée à la ville.

Aaaaaah... Les bons groupes de rock contre lesquels tu ne peux pas rivaliser en gueulant à t'en décrocher la mâchoire dans le micro d'un Singstar...
Naann. Je suis mauvaise, y'avait du bon son, aussi.

Les gens étaient fous, la débandade, quoi... (un peu ?)



Et encore, ça, c'est vraiment light (Moui, roulons-nous dans l'herbe, au milieu des bouteilles, de tous ces gens et de ces relents d'urine... Moui !).
Merci au photographe (non, je n'ai pas osé jouer la voyeuse jusqu'au bout).

Ah, et puis grande nouvelle.
Finies les missions-lessives-putain-il-est-fermé-le-lavomatic-faut-faire-20-bornes... (ok, c'est Monhomme qui était de corvée...).
Un nouvel objet a atterri par chez moi : une machine à laver le linge...
Magie de la technologie.

Alors voilà.
Hormis (et de 2 !) une réunion, la surveillance du brevet et 2 jours de correction de copies, on peut le dire : je suis en vacances !

(Salauds de profs !)




19.6.08

MOUHAHAHAHAHAHA !...

Salut à toi !

Trop naze...
Juste ça pour la route, tiens (ouaip, faut cliquer sur l'image, sinon on voit rien...).


16.6.08

Aaaaaaahhhhhh...

Salut à toi !

De retour d'un nouveau ouïkind passé à la ville, à revoir des potes, à gazouiller devant le petit d'un couple d'amis, à se faire massacrer les tifs (mais pourquoi ai-je fait confiance à ma coiffeuse, bordel ? ça m'apprendra à lire Oops ! et Closer au lieu de regarder ce qu'elle fait...), à boire des bières en soirée, dehors, comme quand j'étais jeune...

Mais avant de partir vers la civilisation, je quittai une moitié de ma classe de petits affreux de 6e. Cette semaine, ils s'en vont gambader dans la nature, observer des choses merveilleuses.
Je n'avais vraiment pas calculé, donc, que vendredi nous nous voyions pour la dernière fois. Et comme les 6e sont sympas, jusqu'au bout, ils ont bossé, tiens.
Avant de me dire, 5 minutes avant la fin de l'heure, qu'on ne se verrait plus...
Que d'émotion, ma foi. Quelle prof indigne, aussi.

J'ai eu droit à une demande timide et rougissante de quatre fillettes, une demande de bises ! Voui, parfaitement.
Je la leur ai donc faite (putain, heureusement que c'était avant ma pause clope !).
Je te dis pas l'émotion. Et des promesses de cadeaux. Je me demande bien quoi (- Madame, j'espère que vous aimez les bracelets et les perles ! (argh ! non ! pas des perles blanches à la Marie-Bénédicte !) -Madame, vous faites quoi comme taille de vêtements ?)
Bon, les filles, ne vous ruinez pas pour moi quand même ! (Hum !)
Et puis j'ai eu droit à des petits mots sur le tableau...



Quoi ? Des fautes ? Où ça ? Comment ça bravo j'ai bien fait mon boulot ?

C'est-y pas moignon ?

C'est pas la même pour mes affreux de 5e, mais j'ai pas vraiment envie de raconter

Je trépigne d'impatience pour mon bracelet. Le suspense est insoutenable.



6.6.08

Un post chiant de prof de lettres...

Salut à toi !

Ouaip. Ouf. Finie la semaine.
Je commençais doucettement à marcher sur les genoux...
Que de folles choses se sont passées cette semaine, dans mes trépidantes aventures profesques !
7 élèves de ma classe d'affreux affreux se sont fait virer 2 jours.
Résultat, ils sont revenus plutôt calmés, et je te les tiens par les couilles. Voui, parfaitement.
J'ai un peu dérapé en cours, du style :
- Non, mais tu te fous de ma gueule ? Tu sors.
Pas bien, mais ça jette comme un froid vent d'autan, et l'affreux, il revient la queue entre les jambes.
Bon, j'arrête mes métaphores dégueulasses...

Bref, ça gueule dans tous les coins, ça se bisouille et ça se bave dessus dans la cour, ça te sort des mini-jupes, ça te tape des crises de rébellion à deux balles...
L'été arrive, enfin presque.

Mes n'affreux de 6e, malgré le conseil passé (hier soir, c'est moi qui menais la cérémonie, je t'ai fait ça fissa en une petite heure...), sont toujours tenus en laisse.
Mes affreux-glandeurs-mais-sympas de 4e sont motivés pour jouer en classe un bout de scène de L'Avare, ou du Radin, comme ils disent...

Alors vas-y qu'on essaie d'expliquer le texte...

- Eh, madame, il est pas un peu parano, là, Harpagon ?
- Eh, mais il pète un câble, là, non ? (allusion au passage "Montre-moi tes mains. - Les voilà. - Les autres..." )

Ça, ils étaient bien motivés.

Et vas-y qu'on essaie de te mettre en scène le texte...

Ça te donne du Molière revu prononciation façon banlieue, fort sympathique ma foi.
Un peu de retenue toutefois quand il a fallu jouer la scène avec les gestes ("en vrai, quoi, madame"...).

- Bah, madame, j'vais pas lui tâter le futal quand même, là !
(allusion à la scène de fouille)
-Allez, tu peux le faire, il faut juste lui tâter le bas du pantalon, tu sais, les chausses...
- Ah ouais, ok, pasque moi, j'avais pas envie de lui toucher les ... 'fin vous voyez, quoi.
- Non, pas du tout...
- Allez, madame, vous charriez, là !

Bref, au final, je me suis retrouvée dans un remix du film L'Esquive (Marivaux en moins).
Et on s'est bien marrés.
Résultat, ils sont incollables sur les mots didascalies, aparté, tirade, dramaturge, et tutti quanti. Et ça, c'est une belle victoire, je te le dis, c'était pas gagné...

Joie du vendredi soir...

Je les kiffe ces affreux.




30.5.08

Une histoire de couilles (j'attire le lecteur)...

Salut à toi !
Ouaip, encore une journée bien affreuse, tellement folle que ça en devient risible, mais risible du genre Mouhahahahahaha-c'est-les-nerfs-qui-lâchent.

En bref : une affreuse de 6e qui a l'air de "sortir" (arf, c'est mignon) avec deux affreux de 5e, et qui grave sur la table qu'elle en aime un troisième.
Je la chope, je lui dis qu'elle sera punie pour "dégradation de matériel" (non, j'ai toujours pas lu le règlement intérieur), et là, elle se met à pleurer, à trembler, et me dit "On m'a forcée à le faire, sinon, je me fais frapper !".
Elle refuse de me dire qui l'a menacée, sinon, elle prendrait cher...
Argh ! Mon sang ne fait qu'un tour, je suis atterrée, une petite affreuse de 6e menacée, la pauvre, et dans un contexte un peu glauque.
J'en parle à la CPE, il faut mener l'enquête...

En fait, la petite affreuse a accusé l'un de mes 5e (renvoyé la semaine prochaine pour d'autres menues choses)... avant d'avouer qu'elle avait menti sur toute la ligne (un rapport officiel ne lui disait rien).

Putain ! Fallait oser. Je lui décernerais bien la palme de meilleure interprète féminine, comme on dit ; même ses petites camarades ont gobé le truc.

Tout part en couille, je vous le dis.

A propos de couilles, un gamin s'est assis cul nu dans une autre classe (jolie transition).

Tout va bien.

Sinon, un truc un peu chelou : une affreuse de ma 4e vient me voir toute fiérotte, pour me dire :
"Madame, vous savez, on m'a dit que je vous ressemblais !"
Voui, j'avais bien remarqué qu'elle se maquillait comme moi, qu'elle avait fait une couleur comme la mienne...

Gloup...



29.5.08

Une histoire de honte...

Salut à toi !
Ouaip, aujourd'hui, j'ai failli te m'attraper un affreux, te me l'étrangler, te me lui crever les yeux. Bref, lui faire plein de trucs pas très sympathiques.

En ce moment, comme tu le sais, les gosses pètent un câble, (et non, ils ne s'électrocutent pas, dommage... il faut que j'en touche un mot à mon collègue de techno, tiens...) et je ne dirai pas, comme monsieur Bégaudeau, que c'est quand même bien que les gosses soient vivants, qu'ils laissent libre cours à leur pensée (ah ? Ça pense un affreux ? Gnarkgnark !).
Mais je me suis retenue, boarf, quand même.

Alors, cette histoire de honte, hurle la foule en délire.
J'y viens. Alors, nouvelle histoire, avec un autre affreux qui n'a rien à voir avec celui que je voulais torturer (je précise, y'a eu des confusions parmi les lecteurs...).

A 13h, après la digestion qui va avec (grosse ration de desserts : fromage en barquounette, pain d'épices, yaourt goût et texture tarte tatin, et melon espagnol), je vais chercher mes petits affreux de 6e, qui sont les seuls, (avec mes 4e glandeurs mais sympas mais qui glandent sympathiquement), à ne pas me saouler en ces temps de pré-vacances... (mes gros yeux les effraient encore)

Et là, je vois un élève que je ne connais pas, rangé avec les miens.

Bon, il m'arrive régulièrement d'avoir des élèves qui ne sont pas les miens qui veulent assister à mes cours (ouaip, la classe). Alors, je me dis qu'il va se barrer. Mais non. Il monte avec nous.

Arrivés devant ma salle, mes petits moignons rigolent doucettement, "eh, madame, z'avez vu ? y'a un nouveau, hein ?! hihi !" (oui, ça rigole gentiment un affreux de 6e)
- Oui, oui, c'est ça !
Mes affreux rentrent, le petit inconnu reste devant la porte.
- Bon, tu sais, tu peux pas rentrer, tu vas devoir aller en étude, ou dans la cour, là ?
- Mais pourquoi madame ?
- Ben, je peux pas t'accueillir en cours, moi, tu sais bien !
- Mais pourquoi (regard paniqué) ?
- Parce que c'est dans le règlement (faudrait que je le lise un jour.... et puis non, en fait) ! Je ne peux pas t'accueillir, c'est comme ça !
- Mais...
- Allez, au revoir !

Et je ferme la porte.

Je vois mes affreux, un peu étonnés, avec une vieille envie de rire de derrière les fagots.

"Mais madame ! C'est le nouveau ! De notre classe ! Il vient d'arriver !"

Putain. C'est vrai. Un gamin exclu définitivement d'un bahut, conseil de discipline... J'avais oublié. Bien joué la prof principale...

J'ouvre la porte. Le nouveau était toujours derrière... L'air un peu dégoûté, quoi, léger. Hum !

J'ai rougi, j'ai pâli, je me suis confondue en excuses...

J'ai tout fait pour le mettre à l'aise, quand même, après !


Y'a des scènes d'arrivées de nouveaux dans des œuvres bien connues, tu vois ? Style Le Grand Meaulnes...
Mais là, je crois que j'ai fait fort...


26.5.08

Une histoire de palme...

Salut à toi !
Ouaip, aujourd'hui, je fais pas la gueule, je broie pas du noir, je me demande pas putain, mais pourquoi je fais ce boulot, à quoi ça sert de se lever...
Oui, ça m'arrive d'avoir ce genre de pensées, ingrate que je suis...
Aujourd'hui, je souhaiterais te parler d'un petit truc en passant, un truc d'actualité, en ces débuts de beaux jours.

Le Festivâââl de Cannes. The festoche. (ouaip, bon, c'est pas aujourd'hui que je te sortirai des pensées philosophiques)

Tiens, ça me fait penser qu'il y a deux ans, à cet époque, j'étais tranquillou sur la plage, à l'océan, en train de glandouiller et de mâcher avec angoisse du saucisson devant la remise des prix. J'étais certainement en train de sécher mes cours iouèfemesques...

Cette année, quand j'ai entendu que le film Entre les murs, adapté du roman de F. Bégaudeau était palmé, ben ça m'a fait kekchose. Argh ! Enfer et damnation ! Mon âme de prof se réveilla, en ces périodes de lutte.

Bizarre... Coïncidence ? En tous cas, ça te m'a permis à ce gros *@"#¤ de Darcos de dire vi, c'est un métier parfois difficile... Merci donc à Laurent Cantet de permettre à de futurs spectateurs de s'en rendre compte.
Non, allez, soyons sympa.

Sérieusement, le bouquin est plutôt sympathicous, je lui foutrais **** sur mon échelle de lectrice. Peut-être parce qu'il y a certaines scènes qui ressemblent à ce que je vis parfois, peut-être parce que tu te dis que tout n'est pas foutu dans ce boulot, que parfois, ben ouaip, y'a de la magie, un gosse qui capte un truc (oui, l'huître, là, qui mâchouille ou qui se recoiffe en se matant dans son miroir), un affreux qui a les yeux qui brillent parce que "eh madame, le-texte-ben-c'est-trop-bien-ce-qu'il-écrit-dedans-l'auteur, même si c'est un vieux texte" (1996), la foule en délire tout simplement qui rit à mon humour décoiffant...
Oui, j'ai une tendresse particulière pour les cas (presque) désespérés.

Bon. Voilà.

Tiens, pour la route (je l'ai déjà mise cette image de maîtresse sous LSD, mais elle serait pas mal, là) :